Avant l’écrit, le Tag

Le chemin a été long avant d'arriver à l’écriture que nous connaissons aujourd'hui. Parce que figurez-vous qu'un hurluberlu n'a pas soudain décidé d’écrire pour le simple plaisir de le faire. Il y a eu, à un moment donné, un besoin. Un besoin de retenir la parole, de partager. Et tout cela commence au fin fond des grottes. Peut-être pour raconter ou se souvenir, les premiers hommes ont gravé ou maculé de pigment les parois de leurs antres. C’était il y a plus de 40 000 ans.

Bison grotte Altamira Espagne
Peinture rupestre dans la grotte Altamira en Espagne © By Baperukamo

La parole a un défaut, elle est fugace et peut être déformée. Nos ancêtres en ont peut-être eu marre que leurs récits de chasses épiques se transforment en cueillette de pâquerettes dans les bois. Bref c'est bien connu, les paroles s'envolent les écrits restent. Il a donc fallu trouver un moyen de raconter, de témoigner et surtout de parler aux absents.

L'art rupestre pour se la raconter !

Et comme nous n'y étions pas, on ne peut que faire des suppositions en s'appuyant sur les seules découvertes archéologiques et scientifiques qui ont résisté au temps. Peut-être y en a t-il eu d'autres plus élaborés, des systèmes d’écritures plus complexes. Peut-être en découvrirons nous encore dans le futur.
Pour l'heure, nous savons qu'avant de dessiner, les humains ont commencé par graver toute sorte de support. Os, parois, galets...
Dans son livre « Histoires de l’écriture », Louis-Jean Calvet revient sur l’étymologie même du mot « Écrire » : « les langues romanes nous font remonter au latin scribere, "tracer des caractères", qui lui même nous renvoie a une racine indo-européenne "ker/sker" portant l'idée de "couper" ou "inciser" (…) L’écriture est donc, pour l'étymologie, une incision, idée que nous retrouvons dans le grec graphô (indo-européen gerbh, "égratigner").(...) A l'origine "écrire" égale inciser, tailler, ce qui laisse à penser que la pierre ou la poterie ont été les premiers supports. »

Parce qu'il en a eu besoin, l’homme s'est mis à tailler des outils. Et plus son habileté s'est développée, plus son geste était précis et plus il a pu graver de fines encoches, puis des formes géométriques, ou encore des symboles sur toute sorte de support. De l'os, des pierres puis il est passé aux parois de sa grotte, quitte à faire les choses, autant les faire en grand non ? Des – 30000 on voit apparaître de vagues figures animales, puis des animaux bien distincts et complets et enfin des troupeaux entiers. Un bestiaire varié, mais pas seulement. Et puis, c'est peut-être difficile à imaginer pour certains mais l'idée de raconter sa vie sur un mur n'a pas été inventé par Mark Zuckerberg !

Graffiti ou Code secret ?


Les gravures, la peinture tout ça c'est bien jolie mais certaines œuvres rupestres divisent les uns et émeuvent les autres, encore de nos jours :
Des empreintes laissées dans des centaines de cavernes à travers le monde. Des traces qui ne représentent rien, si ce n'est symboliquement : des hommes et des femmes ont laissé une partie d'eux même sur les parois de pierre.

Les mains négatives étaient réalisées grâce à différentes techniques. Sur le principe du pochoir, du pigment était projeté soit avec la bouche (technique du crachis) soit avec une sarbacane.
De même, la peinture pouvait être tamponnée avec les doigts ou de la peau de bête. Les mains positives étaient plus simples à réaliser. On trempait sa main dans le colorant pour ensuite appliquer l'empreinte sur le mur. Du graffiti avant l'heure quoi !

Nombre de ces mains semblent incomplètes. Un ou plusieurs doigts manques. Certains émettent l'hypothèse de mutilations volontaires (rituelles) d'autres d’amputations dû à un accident ou une maladie. Certains avancent la théorie selon laquelle les impressions étaient réalisées les doigts repliés pour signifier quelque chose, un code, une signature ou les prémices d'une communication « écrite ».

Les tentatives d'explication de ces œuvres pariétales ou rupestres sont légions mais aucune n'a vraiment fait l'unanimité jusqu'à présent. Code, rites religieux ou magiques, récit, volonté de compter, de noter les phases de la lune. ? Ou était-ce simplement top tendance niveau déco au paléolithique ? Quoi qu'il en soit, tous ces éléments constituent la preuve d'une volonté de garder une trace, peut être même de communiquer. Mais il faudra attendre encore un certain temps avant de voir émerger un système de communication écrite codifié. Et c'est en Mésopotamie que tout va se jouer.

Sources Livres:

Histoire de l'écriture de Louis-Jean Calvet

Sources Web:

Hominidés: Mains de la Préhistoire
Hominidés: Les mains dans la Préhistoire



Par LaPlume, admin du site